Orgueil et préjugés

orgueil et préjugés

L’inaction a souvent rendu Holmes irritable, bien que cela ait été toujours prévisible pour son entourage. Beaucoup plus surprenant fût qu’il manifestât le moindre intérêt pour les récits de Watson. Un tel dérèglement dans les usages des colocataires ne pouvait que révéler quelques travers : Orgueil et préjugés

La Chronique de Watson

« Watson ! Où en sont vos chroniques ? »

Quelle ne fût pas ma surprise d’entendre cette expression de la bouche de Holmes.

Lui et moi étions dans notre appartement de Baker Street et mon ami commençait à ronger sérieusement son frein. Sans aucun criminel à pourchasser,  il tournait en rond comme un chasseur privé de gibier ou un fauve d’une nouvelle proie.

Pour ma part, je rassemblais les éléments de notre dernière affaire en prévision de l’ouvrage que je comptais publier.

Je fus d’autant plus abasourdi par cette remarque que mon inestimable ami n’a jamais manifesté pour les récits que je fais de ses enquêtes qu’un vague intérêt. Ils sont pour lui trop romancés.

L’extraordinaire esprit de déduction de Holmes n’ayant d’égal que le peu de cas qu’il fasse du jugement d’autrui, je me demandai bien ce qui pouvait justifier cette question et surtout quelle réponse il pouvait en attendre.

« Watson ! » me dit-il, « votre visage est décidément un livre ouvert. N’étant pas du cercle des lecteurs assidus de vos parutions, je ne conserve pas moins en mémoire le rôle que vous jouez dans nos aventures. Vous êtes donc libre de les relater de la manière qu’il vous sied. Ma question n’avait pour but, égoïste je vous l’avoue, que de me sortir de l’oisiveté irritable dans laquelle je me trouve. »

-« Pour tuer le temps en quelque sorte », lui répondis je.

– « En effet ! »

-« J’ai un instant songé… »

-« Je sais, Watson, … Vous avez songé que l’inaction m’avait rendu à la fois nostalgique, et préoccupé par ce que la postérité pourrait conserver de moi. »

-« D’où mon étonnement »

-« Vous serai-je donc apparu un instant comme l’un de ces détectives d’outre-manche, Français, voire Belge, imbu de lui-même et perclus d’autosatisfaction ? N’ayez crainte, je me souviens de quel côté du Channel je suis né. Si un jour on écrit les aventures d’un détective ayant ces traits de caractère, soyez en sûr, Watson, il ne sera pas Britannique !

John Watson

Gildas Roy © Watson&Holmes

L'enquête

Le canon Holmesien

Si John Watson a effectivement quelque peu à souffrir du regard que peut porter Sherlock Holmes sur la manière dont il relate leurs aventures, ce dernier n’en conserve pas moins pour le docteur un intérêt constant et bienveillant.

Arthur Conan Doyle semble d’ailleurs s’amuser, en tant qu’auteur, de certaines difficultés que rencontre Watson à narrer les pérégrinations de Holmes et à les publier.

Pour ce qui le concerne, Conan Doyle a produit une oeuvre littéraire considérable, constituée d’études, de nombreux contes, romans d’aventures et nouvelles . 

Cependant, nous nous intéresserons en priorité aux aventures de Sherlock Holmes et donc de ce qui est appelé pour le distinguer des autres ouvrages le « Canon Holmésien ».

Celui-ci est composé de quatre romans et cinquante-six nouvelles.

Les quatre romans sont bien sûr :

Une étude en rouge (A study in scarlet) – novembre 1887

Le signe des quatre (The sign of four) – février 1890

Le chien des Baskerville (The hound of the Baskervilles) août 1901 à mai 1902

La vallée de la peur (The valley of fear) septembre 1914 à mai 1915

4 romans et 56 nouvelles

Les cinquante-six nouvelles ont d’abord été publiées dans des parutions mensuelles ou hebdomadaires, et notamment dans le Strand Magazine britannique.

Elles ont ensuite été regroupées en cinq volumes :

Les aventures de Sherlock Holmes : 12 nouvelles de 1891 et 1892

Les mémoires de Sherlock Holmes : 12 nouvelles de 1892 et 1893

Le retour de Sherlock Holmes : 13 nouvelles de 1903 et 1904

Son dernier coup d’archet : 7 nouvelles de 1908 à 1917

Les archives de Sherlock Holmes : 12 nouvelles de 1921 à 1927

 

Gildas Roy © Watson&Holmes

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