La Reine Elisabeth II – Le discours d’une Reine

HM Queen Elizabeth II
HM Queen Elizabeth II - 1963

 Le 14 octobre dernier, lors de son discours de la rentrée parlementaire, la reine Elizabeth II, selon la coutume, défendait la politique de son gouvernement.

Westminster, 14 octobre 2019

« La priorité de mon gouvernement a toujours été d’assurer une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne le 31 octobre. Mon gouvernement prévoit de travailler à la mise en place d’un nouveau partenariat avec l’Union européenne sur la base du libre échange et d’une coopération amicale »

 

Dans un contexte surréaliste, et dont on sait aujourd’hui qu’il n’a toujours aucune issue à moyen terme, la prise de position contrainte du monarque en faveur du brexit de Boris Johnson est des plus révélatrices de l’équilibre précaire du Royaume Uni.

Une débacle annoncée

Bousculé dans son propre fief électoral, Boris Johnson est aussi soupçonné de dissimuler des preuves d’une ingérence russe dans les affaires Britanniques, suscitant les plus dures réactions bien au-delà des frontières du royaume : Un comble pour une nation qui veut avant tout préserver son pré carré et s’affiche en victime d’une Union Européenne intrusive.

Les démissions successives de politiciens de tous bords ne sont en rien rassurantes, bien au contraire. De guerre lasse, bon nombre de parlementaires offusqués préfèrent mettre fin à leur carrière politique plutôt que de cautionner et d’enrichir le non débat actuel. Un abandon qui fragilise le gouvernement britannique, ainsi privé d’élus modérés et expérimentés, et favorise l’expansion d’un populisme dangereux.

Un effet boomerang

En envoyant le brexit à la face de l’Europe, le Royaume Uni n’imaginait pas qu’il lui reviendrait par l’Irlande et l’Ecosse.

L’Irlande, car le brexit y a réveillé un esprit partisan endormi et dont le Royaume Uni fera les frais. L’Ecosse, car à l’image de sa première ministre Nicola Sturgeon, le peuple Ecossais se détourne des intérêts de Londres pour défendre sa propre vision de l’UE. En ligne de mire, un nouveau référendum sur le brexit, en attendant un autre … sur l’indépendance !

Un péché d'orgueil

En voulant s’affranchir de l’Europe sans avoir au préalable préparer les Britanniques aux conséquences, le Royaume Uni a allumé un foyer de discordes dont il a finalement plus à pâtir que les autres membres de l’UE, désormais exaspérés. Peut être David Cameron et consorts auraient ils pu conserver de leurs échanges hebdomadaires avec leur monarque une leçon de longévité politique, garante de la solidité des institutions d’une nation : Mesure et tempérance.

A moins hélas, que plus encore que les Britanniques peuvent l’imaginer, la stabilité de leurs institutions ne soient à l’image de leur souveraine, vieillissante.

Femme et monarque d’exception, sa gracieuse majesté la reine Elizabeth II ne peut qu’avoir à l’esprit l’avenir de son royaume, comme une grand-mère peut être préoccupée par l’avenir de ses enfants et petits enfants. Pour eux elle est prête à mentir, et même à dire le contraire de ce qu’elle pense.

Le discours d'une Reine

Aussi, plutôt que ce discours du 14 octobre dernier, prendrai-je en référence celui du 9 avril 1957, prononcé devant René Coty, président de la République Française, lors d’une visite en France. Autre époque, autre discours, diront certains ! Pour autant, cette souveraine intervention garde tout son sens. Prononcé quelques jours seulement après la signature du traité de Rome, le 25 mars 1957, le discours est une porte ouverte à ce qui, après l’entente cordiale et deux conflits mondiaux, esquissera l’Europe d’aujourd’hui, … avec la Manche au milieu !

Mesure et tempérance !

Gildas Roy © Watson&Holmes

Sources et références

Laisser un commentaire