Brexit or not Brexit ?

brexit

Alors que le Royaume Uni vient de fixer au 23 mai prochain les élections européennes, on semble pressé, des deux côtés du Channel, de savoir si réellement les britanniques devront se rendre aux urnes. L’état des négociations actuelles entre Bruxelles et Londres laissent pour le moins penser qu’ils auront effectivement à le faire. Alors ! Brexit ?

L'art du paradoxe

En effet, abstraction faite des agendas et des pressions politiques de toute part, le peuple britannique ne semble pas plus pressé de quitter l’UE en 2019, qu’il ne l’a été pour y entrer en 1973, quand elle s’appelait encore CEE. Dès 1975, un premier référendum avait lieu et le Royaume Uni restait dans la Communauté Economique Européenne. Les quatre décennies qui ont suivi ont largement permis au Royaume Uni de contribuer à faire de l’UE ce qu’elle est aujourd’hui, y intégrant même des dérogations qui lui sont spécifiques. Ainsi, au statut particulier de la livre sterling, s’ajoutent, entre autres, la non appartenance du Royaume Uni à l’espace Schengen depuis 1985, ainsi que des dérogations sur la législation sociale, les droits fondamentaux, la coopération administrative policière et judiciaire, la contribution au budget…

Le marché unique, comme l’élargissement à l’est, sont des choix politiques qui n’auraient cependant jamais vu le jour sans l’appui des différents gouvernements qui se sont succédés à la chambre des communes.

Vers un "No Brexit"

Ce rapport toujours ambivalent avec les instances de Bruxelles reste finalement la première cause de l’insatisfaction exprimée dans les urnes le 23 juin 2016, donnant raison au « leave » pour 51,9 % des voix. Pour autant, à la ferveur politique suscitée par un sentiment de victoire, remportée contre « l’oppresseur » pro européen, succède une inquiétude économique et sociale grandissante au fur et à mesure que se profilent les dégâts collatéraux occasionnés par un Brexit dur, côté britannique, et pas si dur que ça, pour le reste de l’UE.

brexit drapeau britannique

Nos meilleurs ennemis

De la bouche même de Theresa May il n’y aura pas de Brexit sans accord, et l’accord ne viendra pas de sitôt ! Gageons que le mouvement britannique n’en servira pas moins de leçon aux autres pays de l’UE, le Royaume Uni restant un des piliers de l’Europe.

Pour conclure, je ne peux d’ailleurs m’empêcher de relater un échange verbal, qui aurait eu lieu en 1919, entre Georges Clemenceau, alors Président du Conseil, et David Lloyd Georges, Premier ministre britannique, à l’occasion du traité de Versailles. Les deux hommes sont souvent en désaccord, et lors d’un entretien Lloyd Georges lance à Clémenceau :

  • « Monsieur le Président, entre l’obstination et la bêtise, il n’y a qu’un pas !

Réponse de Clémenceau :

  • « Oui ! le Pas de Calais ! »

Gildas Roy © Watson&Holmes

Laisser un commentaire